Alors que je m’apprête à souhaiter une Bonne Année à mon réseau, j’ai la sensation de formuler un vœu.

C’est le nom qu’on donne à cette phrase, bien entendu : les vœux.

 

Cependant, je fais référence à un vrai vœu, une intention sincère, qui vient du fond de mon cœur.

Comme s’il s’agissait de prononcer une formule qui me permet, consciemment, de ressentir mon âme se connecter à l’âme du Monde, pour et par chacun de ceux qui accueilleront ce vœu dans leur for intérieur.

En écrivant ces mots, d’emblée mon regard d’infirmière analyse que je fais référence à « La pensée magique ». Mon cortex se réjouit de répliquer que ces croyances font partie de celles de l’enfance. Or je suis adulte.

Et bien qu’à cela ne tienne. Il y a en moi une part d’insouciance, de liberté, de foi dans la vie et l’humain, qui appelle cette envie d’y croire. J’éprouve un élan intérieur qui crie son besoin d’espérance et de lumière.

Que l’on me traite de douce rêveuse. Que l’on jargonne ironiquement sur la naïveté de mon propos. Que l’on se moque de l’évanescence et de la futilité de cette considération. Je décide de rester forte dans ma conviction. Je milite pour la sincérité de chacun des veux que je prononce.

Mes rêves, qui semblent faibles aux yeux de certain, sont la force dans laquelle j’ai puisé chaque goute de la sève qui m’a nourrie. Mon corps défendant, j’ai lutté pour que vivent mes rêves, au fond d’un hôpital, au bout de l’épuisement, devant la mort, et au milieu des pressions sociales. Je n’ai jamais lâché le fil de lumière qui m’a toujours guidé vers demain : le droit de rêver avant toute chose. Et par là même, de trouver le chemin de ma vie.

Si naïveté réfère au caractère naturel, simple et vrai d’une personne, alors j’embrasse fièrement le combat d’être naturelle, simple et vraie, chaque jour. Ce travaille m’oblige à désencombrer mon ego et mes peurs dans l’espace intérieur de mes pensées. Je cultive, à contre-courant, la naïveté. Non pas l’idiotie, que l’on ne se méprenne pas. Car ce choix exige de moi que je travaille, en parallèle, le respect de moi-même qui m’assure de me faire respecter. Et c’est là l’immense complexité de cet engagement quotidien. Un Everest pauvre en oxygène parfois. Un sommet unique à gravir par son seul courage.

L’essence de la vie, son carburant, ne trouve pas en jumbo pack chez les hyper marchands.

Elle se cueille délicatement par hasard, ou se cultive avec le soin, et la patience que demande sa maturité. Elle se consomme sur l’instant ou prend du temps pour travailler à sa conservation. Cette matière première, qui fait tenir un humain droit, est illimitée et doit pourtant se rechercher au milieu d’un tout.

Le sens de la vie est accessible par le subtil.

Bénis soient les sensibles, ceux dont les sens les guident. Ils accèdent au subtil en un instant.

Bénis soient les insensibles, ils obligent les sensibles à comprendre et expliquer et forcent le nécessaire lien du vivre ensemble.

Alors du haut de mon mètre soixante, en toute humilité, je formule un Vœu pour vous et moi:

En 2020, je nous souhaite d’être présent au Subtil de notre Vie.